Ce que la sexologue m’a obligé à regarder en face
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Je n’avais aucune envie d’y aller.
Consulter une sexologue, pour moi, c’était un aveu d’échec. Comme si on n’était plus capables de régler nos problèmes seuls. Comme si notre couple était officiellement “en difficulté”.
Mais après l’épisode du train. Après les messages. Après cette sensation que je pouvais déraper… j’ai compris que je ne pouvais plus faire semblant.
Ma femme a accepté. Elle était présente le jour du rendez-vous. Je crois qu’à ce moment-là, elle a compris que ce n’était pas un caprice. Que quelque chose se fissurait vraiment.
La gêne
Je me souviens de la salle d’attente. Trop calme. Trop propre. J’avais l’impression d’être exposé.
Parler de sexe devant une inconnue. Dire que ma femme ne me désirait plus. Admettre que j’avais failli la tromper sans vraiment la tromper.
Je me sentais petit.
Au début, je parlais peu. Je laissais ma femme expliquer. Elle disait qu’elle était fatiguée. Saturée. Que le soir, elle n’avait plus d’énergie.
Et dans ma tête, une partie de moi pensait encore : oui, mais moi aussi je suis fatigué.
Personne n’a envie de mauvais sexe
La sexologue a dit une phrase qui m’a marqué.
“Personne n’a envie de mauvais sexe. Ni vous. Ni elle.”
Ça a l’air simple. Mais ça m’a frappé.
Elle a expliqué que le désir féminin n’est pas toujours spontané. Que chez beaucoup de femmes, l’envie ne tombe pas du ciel. Elle se construit. Elle se prépare. Elle dépend du contexte.
Et surtout, elle nous a dit quelque chose d’essentiel : se forcer détruit encore plus le désir.
Ma femme ne devait jamais se forcer. Mais elle pouvait apprendre à se motiver. À créer les conditions. À ne pas attendre que l’envie arrive toute seule.
Et moi, je devais comprendre que si elle passe sa journée à gérer les enfants, les courses, les devoirs, le travail… le soir, elle n’a pas envie d’avoir l’impression de s’occuper encore de quelqu’un.
Cette phrase m’a piqué.
Parce que je me suis demandé si, sans le vouloir, je lui donnais cette impression.
La charge mentale
On parle beaucoup de charge mentale. J’avais entendu le terme. Je pensais comprendre.
En réalité, je sous-estimais ce que ça représente.
Penser aux sacs d’école. Aux rendez-vous médicaux. Aux anniversaires. À la lessive. À ce qu’on mange demain.
Moi, je travaillais beaucoup. Je rentrais fatigué. Mais une fois à la maison, je pouvais me poser. Elle, non.
Et le désir a du mal à pousser dans un cerveau saturé.
Je ne dis pas que tout s’explique par ça. Mais ça compte.
La pression invisible
La sexologue m’a aussi demandé comment je réagissais aux refus.
J’ai répondu que je respectais. Que je comprenais.
Ma femme a levé les yeux vers moi.
Et j’ai compris que ce n’était pas si simple.
Je ne criais pas. Je ne faisais pas de scène. Mais je changeais d’humeur. Je devenais plus froid. Plus distant. Parfois ironique.
C’était une pression silencieuse.
Elle me l’a dit plus tard : “Je sentais que si je disais non, je le payais d’une certaine manière.”
Ce n’était pas volontaire. Mais c’était réel.
Ce que ça nous a fait comprendre
Ce rendez-vous n’a pas tout réglé. On n’est pas sortis de là transformés.
Mais quelque chose a bougé.
Ma femme a compris que ce n’était pas juste une envie passagère de ma part. Que je souffrais vraiment. Que je me sentais rejeté. Que j’avais besoin de me sentir désiré.
Et moi, j’ai compris que sa baisse de libido n’était pas dirigée contre moi.
Ce n’était pas un manque d’amour.
C’était un mélange de fatigue. De pression. De contexte. De dynamique installée.
On a aussi compris que attendre que “ça revienne tout seul” ne suffirait pas.
Le désir ne revient pas par magie. Il se travaille. À deux.
Je suis ressorti de ce cabinet un peu secoué. Un peu honteux. Mais aussi soulagé.
Pour la première fois depuis longtemps, on mettait des mots sur ce qui nous séparait.
Et même si j’avais encore peur. Même si la tentation n’avait pas totalement disparu de ma tête… j’ai senti qu’on redevenait une équipe.
Les parties de mon histoire
- Femme sans libido
- J'ai voulu tromper ma femme
- Rendez-vous chez une sexologue
- Mettre la pression [ A venir... ]
- Nous avons du changer [ A venir... ]
- Relancer le désir dans un couple [ A venir... ]
- La libido revient [ A venir... ]
Marc
Je m’appelle Marc. J’ai 42 ans. Marié depuis 12 ans. Deux enfants en bas âge. Et je suis un homme normal qui a beaucoup souffert de ne plus être désiré par ma femme. Après des années de traversée du désert, je pense pouvoir dire que ca va mieux et voudrais faire partager mon expérience.
Ce texte à été à l'origine écrit en français.
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