Pourquoi je mettais plus de pression que je ne le pensais
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Je pensais être patient.
Vraiment.
Je me disais que je ne forçais jamais. Que je respectais ses “non”. Que j’étais un mari compréhensif. Moderne. Pas insistant.
Dans ma tête, j’étais presque exemplaire.
La réalité était un peu différente.
Je voulais être rassuré. Pas faire l’amour.
Avec le recul, je crois que je cherchais surtout à être rassuré.
Le sexe était devenu une preuve. Une confirmation que tout allait bien. Que j’étais encore un homme désirable. Que je comptais.
Quand elle me désirait, je me sentais solide.
Quand elle me repoussait, même doucement, je me sentais fragile. Presque inutile.
Je ne le disais pas comme ça. Je parlais de “besoin”, de “connexion”, de “manque”.
Mais au fond, c’était mon ego qui tremblait.
J’avais besoin qu’elle me regarde avec envie pour me sentir à la hauteur.
Et ça, c’est lourd à porter pour quelqu’un.
La frustration qui change l’air d’une pièce
Je n’étais pas agressif. Je n’insistais pas lourdement.
Mais je changeais.
Un refus, et mon énergie se modifiait. Je devenais plus silencieux. Plus distant. Moins tendre. Comme si je retirais quelque chose.
Je me disais que j’avais le droit d’être déçu. Et c’est vrai. J’en avais le droit.
Mais je ne voyais pas que ma déception devenait une pression.
Un soir, elle m’a dit non. Simplement. Elle était épuisée. Je me suis retourné dans le lit sans rien dire. Le lendemain matin, j’étais froid. Pas volontairement. Juste fermé. Elle m’a regardé et m’a dit : “Tu vois, c’est ça qui me met la pression.”
Cette phrase m’a dérangé.
Parce que je ne voulais pas être celui qui met la pression. Je ne voulais pas devenir ce mari-là.
Et pourtant.
Une attente permanente
Je crois qu’il y avait aussi une attente constante dans mon regard.
Un calcul invisible.
Ça fait combien de jours ?
Est-ce que ce soir c’est possible ?
Je la touchais parfois avec une intention trop claire. Même quand je pensais être subtil.
Elle me l’a dit plus tard : “J’avais l’impression que chaque geste pouvait devenir une demande.”
Ça m’a fait mal d’entendre ça.
Parce que le contact physique, pour moi, était naturel. Mais pour elle, il était devenu chargé.
Chargé d’attente.
Chargé de risque.
La virilité mal placée
Je dois être honnête.
Il y avait aussi une question de virilité.
Je ne me promenais pas en me disant “je dois prouver que je suis un homme”. Mais quelque part, ça jouait.
Moins de rapports. Moins d’initiative de sa part. Et je me sentais diminué.
Comme si ma valeur baissait.
C’est idiot quand je l’écris. Je le sais.
Mais quand on est dedans, on ne réfléchit pas aussi clairement.
Je confondais performance et amour. Fréquence et solidité du couple.
Je mettais une équation là où il n’y en avait pas.
Elle aussi a le droit de souffrir
Il y a un moment important dans nos discussions.
Elle m’a dit qu’elle se sentait constamment en échec. Qu’elle avait l’impression de ne jamais être “assez”. Pas assez disponible. Pas assez désireuse. Pas assez spontanée.
Et là, j’ai compris quelque chose.
Je me voyais comme celui qui souffrait le plus. Celui qui était privé. Celui qui faisait des efforts.
Mais elle aussi souffrait.
Pas du manque de sexe.
Du poids de ne pas réussir à répondre à mes attentes.
Et moi, de mon côté, je faisais semblant que ça allait. Je minimisais ma frustration en journée. Je faisais le solide.
Alors que non. J’avais le droit de dire que ça me faisait mal. Sans accusation. Sans reproche. Juste dire que ça me touchait.
Elle a fini par comprendre que je ne devais pas porter ça seul. Que je n’étais pas juste “obsédé”. Que j’étais blessé.
Mais moi, j’ai compris que ma manière d’exprimer cette blessure la blessait aussi.
La pression invisible
La pression n’était pas dans des mots durs.
Elle était dans les silences.
Dans les soupirs.
Dans les “ce n’est pas grave” qui voulaient dire l’inverse.
Je pensais être digne. En réalité, j’étais tendu.
Et le désir ne pousse pas sous tension.
Je croyais que si je ne demandais plus rien, elle finirait par revenir d’elle-même.
Mais l’atmosphère restait chargée.
Parce qu’elle sentait que j’attendais.
Et moi, je sentais qu’elle se méfiait.
Ce que j’ai dû accepter
J’ai dû accepter que mon besoin était légitime.
Mais qu’il ne me donnait pas le droit de créer une dette.
J’ai dû accepter que le désir ne se négocie pas.
Qu’il ne se provoque pas par culpabilité.
Et surtout, que ma frustration n’était pas une arme.
Je ne suis pas devenu parfait après cette prise de conscience.
Il m’arrive encore d’être déçu.
Il m’arrive encore de douter.
Mais je fais attention à ce que mon regard ne devienne pas une demande permanente.
Parce que j’ai compris une chose essentielle : on peut étouffer quelqu’un sans hausser la voix.
Et moi, sans le vouloir, j’étais en train d’étouffer ce que j’essayais de retrouver.
Les parties de mon histoire
- Femme sans libido
- J'ai voulu tromper ma femme
- Rendez-vous chez une sexologue
- Mettre la pression
- Nous avons du changer [ A venir... ]
- Relancer le désir dans un couple [ A venir... ]
- La libido revient [ A venir... ]
Marc
Je m’appelle Marc. J’ai 42 ans. Marié depuis 12 ans. Deux enfants en bas âge. Et je suis un homme normal qui a beaucoup souffert de ne plus être désiré par ma femme. Après des années de traversée du désert, je pense pouvoir dire que ca va mieux et voudrais faire partager mon expérience.
Ce texte à été à l'origine écrit en français.
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