Pourquoi j’ai presque trompé ma femme
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Je ne pensais pas que ça pourrait m’arriver.
Pas à moi.
Je me suis toujours vu comme un type fidèle. Stable. Responsable. Marié depuis 12 ans. Deux enfants. Une maison. Une vie normale.
Et pourtant.
Le train Lausanne - Yverdon
C’était un mardi. Fin de journée. Je rentrais du bureau. Fatigué. Comme souvent.
Elle était assise en face de moi. Une collègue. On discutait d’un dossier. Rien de spécial. Et puis il y a eu un moment. Un regard un peu plus long que d’habitude.
Je me souviens très bien de ce moment. Le train roulait. Les vitres reflétaient un peu nos visages. Elle m’a souri. Pas un sourire poli. Un sourire ouvert. Et j’ai senti quelque chose. Une possibilité. Comme une porte entrouverte.
Je ne dis pas qu’elle voulait quelque chose. Peut-être que je projette. Mais moi, à cet instant, j’ai senti que c’était possible.
Et ça m’a fait du bien.
Ça m’a fait peur aussi.
Ce que je cherchais vraiment
À cette période-là, je me sentais invisible à la maison.
Ma femme était fatiguée. Les enfants prenaient toute la place. Les soirées étaient logistiques. Pas sensuelles.
Je me masturbais plus souvent. Je pensais à des connaissances. À des femmes croisées dans la rue. Je ne suis pas fier de l’écrire. Mais c’est la vérité.
Je ressentais une colère sourde. Une impression d’abandon. Parfois je trouvais ma femme égoïste. C’est injuste, je le sais. Mais je le pensais.
Je me disais : pourquoi moi je dois faire semblant que ça va ? Pourquoi mon besoin est secondaire ?
Et dans le train, face à cette collègue, j’ai senti une chose très simple : je plais encore.
Ce n’était pas seulement sexuel. C’était de la validation. Une preuve que je n’étais pas devenu transparent.
Les messages
Après ce trajet, on a échangé quelques messages. D’abord professionnels. Puis un peu moins.
Rien d’explicite. Mais une ambiguïté. Une tension légère.
Je savais que je jouais avec quelque chose.
Un soir, je lui ai proposé un verre.
Je me souviens avoir tapé le message. L’avoir relu. Effacé. Réécrit.
Quand elle a répondu “Avec plaisir”, j’ai senti un mélange d’excitation et de panique.
Le moment où j’ai compris
Je n’ai pas trompé ma femme.
Mais j’étais prêt à le faire.
Et ça, ça m’a secoué.
Le soir du verre, je me suis regardé dans le miroir avant de partir. J’ai pensé à mes enfants. À ma femme. À ce que je risquais. Et j’ai compris que je n’étais pas en train de chercher une autre femme. Je cherchais à ne plus me sentir rejeté.
Je me suis demandé ce qui me manquait vraiment. Ce n’était pas seulement du sexe. C’était le sentiment d’être désiré. D’être choisi.
Je voulais me prouver que je pouvais encore provoquer quelque chose chez quelqu’un.
Et j’ai compris un truc dur : si je franchissais cette ligne, ce ne serait pas par amour. Ce serait par blessure.
La tentation comme symptôme
Ce qui m’a frappé, c’est que cette tentation est apparue précisément quand je me sentais le plus fragile.
Moins sûr de moi. Moins confiant. Moins désiré.
La tentation n’était pas la cause de mes problèmes. Elle en était le symptôme.
J’aurais pu franchir la ligne. Beaucoup le font. Je ne juge pas.
Mais j’ai vu, ce soir-là, que j’étais capable de mettre en danger mon couple pour calmer une blessure d’ego.
Et ça, c’était plus inquiétant que la baisse de libido elle-même.
Ce que ça dit de moi
Ça dit que je ne suis pas au-dessus de ça.
Ça dit que la frustration peut rendre aveugle.
Ça dit aussi que je ne voulais pas perdre ma femme. Ni mes enfants. Ni ma vie.
J’ai compris que si je continuais à me taire, à accumuler, à faire semblant que ça ne me touchait pas, je finirais par chercher ailleurs.
Et ce ne serait pas une histoire de passion. Ce serait une fuite.
Je ne suis pas fier de cette période. Mais elle m’a obligé à voir quelque chose : le problème n’était pas seulement sa libido. C’était le fossé qui s’installait entre nous.
Ce jour-là, dans ce train entre Lausanne et Yverdon, j’ai senti que je pouvais déraper.
Et c’est probablement ce qui m’a poussé à accepter, quelques semaines plus tard, d’aller voir une sexologue.
Les parties de mon histoire
- Femme sans libido
- J'ai voulu tromper ma femme
- Rendez-vous chez une sexologue [ A venir... ]
- Mettre la pression [ A venir... ]
- Nous avons du changer [ A venir... ]
- Relancer le désir dans un couple [ A venir... ]
- La libido revient [ A venir... ]
Marc
Je m’appelle Marc. J’ai 42 ans. Marié depuis 12 ans. Deux enfants en bas âge. Et je suis un homme normal qui a beaucoup souffert de ne plus être désiré par ma femme. Après des années de traversée du désert, je pense pouvoir dire que ca va mieux et voudrais faire partager mon expérience.
Ce texte à été à l'origine écrit en français.
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