L'art de se préparer : corps, lingerie, état d'esprit
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J'ai une règle que je ne transgresse jamais : je ne reçois pas quelqu'un si je ne suis pas prête à cent pour cent. Pas prête dans le sens stressé-qui-court-partout. Prête dans le sens calme, centrée, dans mon corps. Il m'a fallu quelques mois pour construire ce rituel, et maintenant il est aussi naturel que de respirer. C'est aussi la raison pour laquelle mes rendez-vous se passent bien - pas seulement parce que je suis présente pour l'autre, mais parce que je suis d'abord présente pour moi.
Le bain - pas une douche
Ça commence toujours par un bain. Jamais une douche les jours de rendez-vous. La douche c'est pour le matin, pour se réveiller. Le bain c'est autre chose - c'est une mise en condition du corps et de la tête en même temps. J'ai une huile de bain au jasmin et à la vanille que j'utilise uniquement ces soirs-là. L'odeur seule suffit maintenant à me faire basculer dans le bon état d'esprit. Un conditionnement pavlovien que j'ai mis en place sans m'en rendre compte.
Je reste dans l'eau vingt à trente minutes. Pas de téléphone. De la musique - selon l'humeur, parfois du jazz lent, parfois quelque chose de plus sombre et électronique. Je laisse le bruit de la journée se dissoudre. Les traductions en attente, les courses que je n'ai pas faites, les messages auxquels je n'ai pas répondu - tout ça sort de ma tête pendant ce bain. Ce qui reste, c'est juste moi.
Le corps - chaque détail compte
Après le bain, le soin du corps est long et méticuleux. Exfoliation, hydratation, chaque zone traitée avec une attention que la plupart des femmes réservent pour les grandes occasions. Pour moi, c'est chaque fois. Pas pour lui - pour moi. Parce qu'un corps dont on a pris soin se sent différemment sous les mains. Plus souple, plus vivant, plus conscient de lui-même.
Le parfum, je le choisis selon l'homme et selon mon humeur. J'en ai six ou sept en rotation. Un Musc léger pour les rendez-vous qui demandent de la douceur. Quelque chose de plus boisé, presque masculin, pour les hommes qui aiment être légèrement déstabilisés. Un Oriental épicé pour les soirées où je sais que ça va être intense. Le parfum est la dernière couche que je pose, toujours au même endroit - nuque, poignets, et un endroit que je garde pour moi.
La lingerie - la décision la plus stratégique de la soirée
Je pourrais écrire un article entier là-dessus - et j'en écrirai un. Mais dans le contexte de la préparation, la lingerie est la décision la plus réfléchie de toute la soirée. Pas la robe. Pas les chaussures. Ce que personne ne voit encore, c'est ce qui structure tout le reste.
J'ai trois tiroirs dédiés. Le premier : dentelle fine et couleurs sourdes - bordeaux, noir profond, ivoire. Pour les hommes élégants, les dîners longs, les soirées qui demandent de la subtilité. Ce sont des ensembles qui se découvrent lentement et qui valent la peine d'attendre. Le deuxième : lingerie plus affirmée - satin, coutures apparentes, serre-taille. Pour les clients qui aiment une esthétique plus construite, plus théâtrale. Le troisième tiroir, je l'ouvre rarement mais il existe - pour les soirées particulières, les demandes spécifiques, les hommes qui savent exactement ce qu'ils veulent et l'ont demandé clairement.
Le choix prend parfois cinq minutes. Parfois je sais en une seconde. Ça dépend de ce que je sais de l'homme, de ce que j'ai envie de ressentir moi, et d'une intuition que j'ai développée avec le temps et qui se trompe rarement.
S'habiller - le moment où le désir commence
Ce que je ne dis pas souvent, c'est que le moment où je m'habille est souvent celui où je commence à être vraiment dans la soirée. Il y a quelque chose dans le fait d'enfiler une lingerie choisie pour quelqu'un, de glisser une robe sur un corps préparé, d'attacher des escarpins - un enchaînement de gestes qui ressemble à une mise en scène dont je suis à la fois la metteuse en scène et l'actrice principale.
Il m'arrive, en m'habillant, de poser mes mains sur moi. Pas de façon systématique, pas comme une mécanique. Juste une conscience du corps, une vérification que tout est là, que je suis dans ma peau. Certains soirs, l'anticipation est déjà physique avant même que la soirée ait commencé. C'est un signe que ce sera bien.
L'état d'esprit - la partie que personne ne voit
La préparation physique est la partie visible. La préparation mentale est plus difficile à expliquer.
Ce que j'essaie de faire dans ce créneau de deux heures, c'est de me déconnecter complètement de ce que j'appelle ma vie-administrative - les factures, les décisions, les petites tensions du quotidien - et de me reconnecter à une version de moi qui est plus lente, plus sensorielle, plus disponible. Ce n'est pas un masque que j'enfile. C'est une partie de moi que j'active. La différence est importante.
Il m'arrive d'être fatiguée avant un rendez-vous. D'avoir eu une mauvaise journée. D'avoir envie de rester sur mon canapé. Dans ces cas-là, le rituel est encore plus important - parce qu'il me ramène invariablement dans un état où je suis capable d'être pleinement là. Je n'ai presque jamais regretté d'être allée à un rendez-vous. J'ai souvent regretté de l'avoir annulé.
Le dernier regard
Avant de partir, je reviens toujours au miroir. Pas longtemps. Juste le temps de me voir comme l'autre va me voir dans quelques minutes - la silhouette, le regard, la posture. Je vérifie une chose seulement : est-ce que cette femme dans le miroir a l'air d'être exactement où elle veut être ?
Si la réponse est oui, je prends mes clés et je pars.
La réponse est presque toujours oui.
Les parties de mon histoire
- Qui suis-je vraiment ?
- Comment j'ai choisi ce métier ou comment il m'a choisie!
- Ma première nuit d'escort
- L'art de se préparer!
- Genève by night
- Mon premier homme du Golfe
- Le client idéal
- La conversation comme prélude
- Mon premier plan à trois
- Ce que les hommes veulent
- Mon pouvoir sur les hommes
- Un politicien suisse
- La discrétion
- Leurs fantasmes
- Derrière la porte
- Oui, je jouis vraiment
- La nuit la plus intense
- Week-end à Zurich
- Ce que mon corps ressent après [ A venir... ]
- Prendre soin de moi [ A venir... ]
- Lettre ouverte à mes clients [ A venir... ]
Sofia
Sofia, 27 ans — Installée à Genève, elle assume pleinement sa vie d’escorte de luxe et en parle sans détour.
À travers ses récits, elle partage ses débuts, ses expériences avec une clientèle internationale, les avantages du métier (luxe, liberté), mais aussi les réalités plus complexes. Elle écrit simplement, avec franchise, et raconte ce qu’elle vit vraiment derrière les portes des hôtels suisses.
Ce texte à été à l'origine écrit en français.
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