Comment j'ai choisi ce métier ou comment il m'a choisie

Comment j'ai choisi ce métier ou comment il m'a choisie

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Il y a des nuits qui ne ressemblent à rien d'autre. Pas de grand drame, pas de rupture, pas de désespoir. Juste une chambre d'hôtel à Genève, un homme qui sait ce qu'il fait, et une enveloppe posée sur une table de nuit au petit matin. Ce soir-là, à 23 ans, j'ai compris quelque chose que je ne pouvais plus faire semblant d'ignorer. Voici comment tout a commencé.

On me pose souvent cette question. Parfois avec curiosité sincère, parfois avec ce petit sous-entendu qui cherche la blessure, le traumatisme, la raison sombre. La vérité est moins dramatique et, je crois, plus dérangeante pour ceux qui voudraient me plaindre : j'ai choisi ce métier parce que j'en avais envie. Parce qu'une nuit à Genève m'a montré quelque chose que je ne pouvais plus ignorer.

C'était un mercredi soir de novembre. J'avais 23 ans, j'habitais Genève depuis un an, je traduisais des contrats juridiques pour une boîte du bout de la rue de Rive et je gagnais correctement ma vie - mais correctement, c'est tout. De quoi payer mon appartement aux Pâquis, m'habiller sans me ruiner, sortir le week-end. Pas de quoi vivre comme je sentais que je pouvais vivre.

Ce soir-là, une amie m'avait emmenée à un cocktail dans un hôtel de la rive droite. Le genre d'événement où les hommes portent des montres à cinq chiffres et parlent fort pour rien dire. Je n'étais pas à ma place, et je le savais. Mais je suis restée - parce que le Champagne était bon et parce que j'avais remarqué un homme de l'autre côté de la salle.

L'homme du Richemond

Il avait environ 50 ans. Pas beau au sens classique - grand, les tempes grises, une façon de tenir son verre qui disait "je n'ai rien à prouver à personne". Il m'a regardée deux fois avant de traverser la salle. Pas le regard de chasse habituel. Quelque chose de plus calme, plus direct. Il m'a dit : "Vous avez l'air de vous ennuyer autant que moi."

On a parlé deux heures. Il était dans la finance, suisse-allemand, divorcé, intelligent. Très intelligent. Le genre d'homme qui écoute vraiment ce que vous dites avant de répondre. À minuit, il m'a proposé de continuer la conversation dans sa suite - au Richemond, juste à côté. J'ai dit oui sans hésiter. Pas parce que j'avais bu. Parce que j'en avais envie.

Ce qui s'est passé cette nuit-là, je le garderai en grande partie pour moi. Mais je peux dire que cet homme savait exactement ce qu'il faisait. Avec ses mains, avec sa voix, avec le temps qu'il prenait. J'avais 23 ans et j'avais déjà eu des amants, mais cette nuit-là était différente. Il y avait une qualité d'attention que je n'avais jamais ressentie. Comme si j'étais la seule chose qui existait dans cette chambre.

Le lendemain matin, avant que je parte, il a posé une enveloppe sur la table de nuit. Cinq billets de cent francs. Il n'a rien dit. Il m'a regardée avec une sorte de respect tranquille, comme si c'était une évidence.

Ce que j'ai ressenti

Je m'attendais à être choquée. Vexée, peut-être. C'est ce qu'on est censée ressentir, non ? J'ai pris l'enveloppe. Et ce que j'ai ressenti, c'était quelque chose d'étrange et de très calme - une espèce de clarté. Comme quand on comprend quelque chose qu'on savait déjà sans se l'être jamais dit.

Je n'étais pas humiliée. J'étais reconnue. Il y a une nuance énorme entre les deux.

Cette nuit m'avait plu - vraiment plu, physiquement et autrement. Et quelqu'un m'en remerciait de façon concrète. L'argent n'était pas une transaction sordide. C'était une forme de respect pour quelque chose que j'avais offert avec sincérité.

Je suis rentrée à pied jusqu'aux Pâquis avec ces cinq cents francs dans mon sac et une question dans la tête : et si c'était aussi simple que ça ?

Les semaines qui ont suivi

Je n'ai pas plongé immédiatement. J'ai passé trois semaines à y penser, à chercher des raisons de ne pas le faire. La honte sociale. Le regard des autres. Ce que diraient mes parents si ils savaient. Ces raisons étaient réelles - elles le sont toujours. Mais aucune n'était plus forte que la certitude que quelque chose en moi était parfaitement aligné avec ce choix.

J'ai commencé à m'informer. Comment ça fonctionne en Suisse - et en Suisse, c'est légal, ce qui change beaucoup de choses. J'ai lu des témoignages, des forums, des articles. J'ai compris qu'il y avait plusieurs façons de faire ce métier, et que la façon dont je voulais le faire - avec sélection, avec indépendance, avec mes règles - était possible.

Ma première annonce était courte. Une photo sobre, quelques lignes. Mon téléphone a sonné dans les 48 heures.

Pourquoi je ne regrette pas

Quatre ans après, je me pose encore parfois la question - pas par doute, mais par honnêteté intellectuelle. Est-ce que je referais ce choix ? Oui. Sans hésitation.

Ce métier m'a appris des choses sur les hommes, sur le désir, sur moi-même que dix ans de vie normale n'auraient pas pu m'apprendre. Il m'a donné une liberté financière réelle - je ne compte pas mes dépenses, je voyage quand je veux, j'ai une épargne sérieuse à 27 ans. Il m'a confrontée à des situations complexes, parfois inconfortables, qui m'ont obligée à savoir exactement qui je suis et ce que je veux.

Est-ce qu'il y a des jours difficiles ? Oui. Je parlerai des zones grises dans d'autres articles - la solitude, les limites à poser, les rares fois où quelque chose s'est mal passé. Je ne vends pas un conte de fées.

Mais ce mercredi soir de novembre, dans cette suite du Richemond avec un homme qui savait prendre son temps - c'est là que Sofia a vraiment commencé. Et cette femme-là, je l'aime bien.

Sofia

Sofia, 27 ans — Installée à Genève, elle assume pleinement sa vie d’escorte de luxe et en parle sans détour.

À travers ses récits, elle partage ses débuts, ses expériences avec une clientèle internationale, les avantages du métier (luxe, liberté), mais aussi les réalités plus complexes. Elle écrit simplement, avec franchise, et raconte ce qu’elle vit vraiment derrière les portes des hôtels suisses.

Ce texte à été à l'origine écrit en français.

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