Week-end à Zurich — 48h de luxe et de sexe

Week-end à Zurich - 48h de luxe et de sexe

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Les déplacements font partie de ma vie depuis le début, mais ils restent quelque chose à part. Quitter Genève pour un week-end entier, vivre dans un espace qui n'est pas le mien, être disponible différemment - c'est un autre registre que les soirées habituelles. Plus immersif, plus intense, plus exigeant aussi. Ce week-end à Zurich, je l'ai accepté sans trop hésiter. Je suis rentrée le dimanche soir avec l'impression d'avoir vécu quelque chose qui méritait d'être écrit.

Les week-ends complets sont des propositions que je n'accepte pas souvent. Pas par principe - par sélection. Passer quarante-huit heures avec quelqu'un demande une compatibilité qui va bien au-delà de ce qui suffit pour une soirée. Un client peut être agréable pendant quatre heures et insupportable pendant deux jours. L'inverse est aussi vrai - et plus rare, mais quand c'est le cas, ces week-ends-là sont dans une catégorie à part.

Celui-là était dans cette catégorie.

Jonas - et pourquoi j'ai dit oui

Jonas avait été client une fois à Genève, six mois plus tôt. Une soirée correcte qui était devenue bonne dans la deuxième heure - ce décalage entre les premières impressions et ce que quelqu'un est vraiment, que j'aime quand il va dans le bon sens. Suisse-allemand, quarante-sept ans, dans la gestion de fortune pour une banque privée zurichoise dont je tairai le nom. Quelqu'un de précis dans tout ce qu'il faisait - la façon dont il commandait, dont il organisait, dont il parlait - avec ce fond d'humour très sec caractéristique des gens de cette région qui ne cherchent pas à être drôles et qui le sont précisément pour ça.

Il m'avait contactée avec une proposition claire : un week-end à Zurich, hôtel au Widder, vendredi soir au dimanche matin. Programme ouvert - pas de planning chargé, pas d'obligations sociales, pas de dîners de représentation auxquels il aurait fallu que je joue un rôle compliqué. Juste Zurich, lui, moi, et le temps qui passe à la vitesse qu'on lui donne.

J'avais accepté pour deux raisons. La première : cette soirée genevoise m'avait laissé une impression suffisamment bonne pour vouloir voir ce que deux jours donneraient. La deuxième : le Widder. Si on m'offre le Widder, il faut avoir une raison sérieuse de refuser.

Vendredi - l'arrivée à Zurich

J'avais pris le train depuis Cornavin en début d'après-midi - le trajet de deux heures quarante que je connais bien, qui longe le lac puis remonte vers le Mittelland. Je voyage toujours seule dans ces cas-là, sans lui annoncer l'heure précise de mon arrivée. J'aime ce temps de transition, ce sas entre Genève et ce qui m'attend - deux heures où je suis ni partie ni arrivée, juste en mouvement, avec un livre et le paysage qui défile.

Le Widder est dans la vieille ville, Augustinergasse, au cœur de ce quartier médiéval que Zurich a la bonne idée d'avoir conservé intact. L'hôtel est un ensemble de maisons du Moyen-Âge reliées entre elles - chaque étage légèrement différent des autres, des plafonds peints dans certaines chambres, des recoins et des escaliers qui donnent l'impression de traverser plusieurs siècles en même temps. C'est un de mes hôtels préférés en Europe. Pas pour le luxe au sens clinique du terme - pour le caractère. Pour la façon dont l'espace lui-même a une personnalité.

Jonas m'avait réservé la suite. J'ai posé mes affaires, pris un bain long - mon rituel, même en déplacement, surtout en déplacement - et j'ai regardé par la fenêtre les toits de la vieille ville dans la lumière de la fin d'après-midi. Zurich en novembre, ciel bas, lumière dorée et froide en même temps. Il y a quelque chose de particulier dans cette ville que je n'arrive pas à tout à fait nommer - une densité, une sérieux qui n'est pas de la froideur, une façon d'exister qui ne cherche pas à plaire.

Il est arrivé à 19h30. Costume sombre, pas de cravate, une bouteille de Grüner Veltliner dans la main - "parce que le Champagne c'est un peu attendu comme entrée en matière", il a dit en guise de bonjour. J'ai ri. La soirée commençait bien.

Vendredi soir - la mise en place

On a bu le vin dans la suite, assis face à face, en parlant de Zurich d'abord - il m'expliquait la ville avec la familiarité de quelqu'un qui y avait grandi et qui la regardait encore avec les yeux de l'enfant qu'il avait été, superposés à ceux de l'adulte qu'il était devenu. Il avait cette capacité assez rare de parler de son quotidien sans le rendre ennuyeux - de trouver dans les choses ordinaires quelque chose qui méritait d'être dit.

On a diné au restaurant de l'hôtel - cuisine suisse réinterprétée, service impeccable, une table dans un coin qui avait l'air d'avoir été prévue pour les conversations qu'on ne veut pas partager. Jonas avait commandé pour deux sans me demander, ce que j'aurais pu trouver présomptueux et que j'ai trouvé agréable - parce qu'il avait visiblement écouté ce que j'avais dit six mois plus tôt sur ce que j'aimais manger.

Ce détail-là - être écoutée sur quelque chose d'aussi trivial que la nourriture, et s'en souvenir six mois après - dit plus sur quelqu'un que la plupart des grands gestes.

Le dîner a duré deux heures. Du vin, des plats qui arrivaient sans qu'on les attende, une conversation qui n'a jamais raté. À un moment, il a dit quelque chose en suisse-allemand - pas à moi, au serveur - et j'ai aimé entendre cette langue dans sa bouche, cette façon qu'elle a d'être à la fois rude et musicale selon qui la parle.

De retour dans la suite, il n'y avait plus de transition à gérer. La soirée avait fait son travail.

Ce qui s'est passé cette nuit-là avait la qualité des débuts réussis - une légèreté, une curiosité mutuelle encore fraîche, une façon d'explorer sans se précipiter qui dit que les deux personnes savent qu'il reste du temps. Jonas était quelqu'un de précis dans ce domaine aussi - pas de précision mécanique, mais cette attention au détail qui rend les choses bien faites reconnaissables immédiatement. Il prenait son temps avec une patience qui n'était pas de la retenue - qui était du choix délibéré.

On s'est endormis tard. Pas très tard - mais tard.

Samedi - la journée

Ce que les gens n'imaginent pas toujours dans un week-end comme celui-là, c'est que la partie la plus révélatrice n'est pas la nuit. C'est le lendemain matin. La façon dont deux personnes existent ensemble à la lumière du jour, sans l'atmosphère qui facilite tout, dans le quotidien minimal d'une chambre d'hôtel partagée.

Jonas était déjà réveillé quand j'ai ouvert les yeux - assis dans le fauteuil près de la fenêtre avec un café, lisant quelque chose sur son téléphone avec des lunettes qu'il ne portait pas la veille. Ces lunettes-là, ce détail domestique inattendu, m'ont touchée d'une façon disproportionnée à leur importance. Il y a quelque chose dans les détails que les gens ne montrent pas d'emblée - et quand ils apparaissent, ils disent quelque chose de réel sur la confiance qui s'est installée.

Il a commandé le petit-déjeuner en suite. Beaucoup trop de choses - pain, fromages, charcuteries, œufs, fruits, ce plateau suisse excessif et parfait qu'on ne finit jamais entièrement. On a mangé lentement, lui en continuant à lire par intermittence, moi à regarder la vieille ville par la fenêtre dans la lumière grise du matin.

Il n'y avait pas de silence gêné. C'était une des choses que j'avais voulu vérifier - si on pouvait exister dans le même espace sans avoir à performer la bonne humeur ou l'intérêt constant. On pouvait.

L'après-midi, on a marché dans la ville. Sa proposition, acceptée avec plaisir - j'aime Zurich à pied, cette façon qu'elle a d'être petite et dense en même temps, les ruelles médiévales qui débouchent sur des avenues commerçantes qui débouchent sur le lac. Il connaissait des endroits que je n'aurais pas trouvés seule - une librairie d'occasion dans une rue transversale de l'Altstadt, un café dans une cour intérieure invisible depuis la rue, un pont sur la Limmat dont il m'a montré l'angle exact depuis lequel la vue sur les deux tours du Grossmünster était parfaite.

Il m'a acheté un livre dans la librairie - en français, qu'il ne lit pas vraiment. Il avait lu la quatrième de couverture et décidé que c'était pour moi. Ce geste-là, simple, un peu enfantin presque, m'a fait sourire d'une façon que je n'avais pas tout à fait contrôlée.

On a marché jusqu'au lac en fin d'après-midi. Le Zürichsee en novembre, acier et gris, les cygnes qui indifférents à tout traversaient l'eau immobile. On s'était arrêtés sur un banc et on était restés là un moment sans parler, les épaules qui se touchaient légèrement.

Il a dit : "Je suis content que tu sois venue." Simplement, sans chercher à en faire plus.

J'ai répondu que moi aussi. Ce qui était vrai.

Samedi soir - le cœur du week-end

Il avait réservé dans un restaurant de Seefeld pour le dîner - quartier résidentiel au bord du lac, loin du centre touristique, le genre d'adresse qu'on ne trouve pas par hasard. Une petite salle, peut-être douze tables, un chef dont Jonas connaissait le parcours et dont il m'a expliqué la philosophie avec un enthousiasme qui n'avait rien de forcé. Ces hommes qui aiment vraiment manger - pas en gastronomes snobs, mais avec un plaisir authentique et communicatif - sont des compagnons de table exceptionnels.

Le repas était extraordinaire. Je ne vais pas en faire la chronique détaillée, mais il y a des dîners qui créent leur propre atmosphère - où la nourriture, le vin, la conversation et la personne en face se combinent en quelque chose qui dépasse chaque élément séparé. Celui-là était de ces dîners-là.

On a bu plus que d'habitude - pas de façon excessive, mais suffisamment pour que quelque chose se détende encore un peu dans les deux sens. Jonas devenait légèrement plus démonstratif avec le vin - sa façon de me toucher la main quand il voulait souligner quelque chose, plus fréquente, plus prolongée. Ce glissement-là, je le regardais avec plaisir.

Dans le taxi du retour, il m'a embrassée - pas précipitamment, avec une lenteur qui disait qu'on avait le temps, qu'on était presque arrivés mais que ce moment-là valait la peine d'être pris. Le chauffeur regardait la route. Les lumières de Zurich défilaient.

La nuit du samedi était différente du vendredi - plus détendue, plus familière, avec la légèreté de deux personnes qui se connaissent un peu mieux. Moins de découverte, plus de complicité. Jonas savait déjà certaines choses sur moi que la veille il ne savait pas encore. Et cette connaissance, même minimale, change la façon dont on est ensemble - donne une permission plus large, une façon d'aller vers ce qu'on aime sans avoir à le chercher.

Il y a eu un moment assez tard dans la nuit - je n'aurais pas su dire l'heure, les heures n'existaient plus vraiment - où j'ai réalisé que j'étais entièrement dans cet espace, sans aucune distance intérieure, sans la part de moi qui observe et analyse et prend des notes. Juste là, complètement. Ces moments-là, je les accueille quand ils arrivent et je ne cherche pas à les prolonger artificiellement - ils durent ce qu'ils durent et c'est suffisant.

Dimanche matin - ce qui reste

Le dimanche avait cette qualité mélancolique des fins de parenthèse. Pas de tristesse - juste la conscience que quelque chose allait se terminer, et que cette fin était intégrée dans la structure de la chose depuis le début.

On a traîné au lit longtemps. Café commandé en chambre, journaux suisses que ni l'un ni l'autre ne lisait vraiment, une façon de retarder le moment où il faudrait commencer à préparer le départ sans que personne le nomme explicitement.

Vers midi, j'ai commencé à faire ma valise - lentement, en continuant à parler de tout et de rien. Il regardait depuis le lit avec cette expression tranquille que je lui avais appris à connaître en quarante-huit heures - un peu ailleurs, un peu présent, quelque chose qui flottait entre les deux.

"La prochaine fois tu restes plus longtemps," il a dit. Déclaration, pas question.

Je n'ai pas répondu directement. J'ai dit que Zurich valait plus de deux jours. Ce qui était vrai et qui laissait la porte ouverte sans la forcer.

Il m'a accompagnée jusqu'au hall. L'enveloppe avait été posée sur la commode la veille au soir, discrètement, sans commentaire - sa façon de gérer ça était parmi les meilleures que j'avais connues. Un taxi m'attendait dehors.

On s'est dit au revoir dans le lobby du Widder avec cette pudeur particulière des séparations qui ont de l'importance et qu'on ne veut pas rendre trop lourdes. Une main sur mon épaule, un regard, deux phrases courtes. Puis la porte à tambour et le froid de novembre sur la Augustinergasse.

Dans le train - et après

Le trajet du retour avait une texture différente de celui de l'aller. À l'aller, j'étais en anticipation - ce sas entre deux états. Au retour, j'étais dans quelque chose de plus installé, plus plein. Le genre de sentiment qu'on a après une expérience qui s'est passée exactement comme elle devait se passer, sans déception ni excès.

J'ai regardé le paysage défiler dans l'autre sens - le Mittelland d'abord, puis le lac qui réapparaissait, puis les premières lumières de Genève. J'ai pensé à Jonas avec une affection tranquille, sans nostalgie particulière. À la librairie dans la ruelle, aux cygnes sur le lac, à sa façon de prononcer les mots français avec cet accent qui rendait les choses légèrement différentes de ce qu'elles étaient.

Ce week-end m'avait rappelé quelque chose que les soirées en soirée, aussi bonnes soient-elles, ne donnent pas de la même façon. La durée change quelque chose. Elle permet une familiarité, une façon d'être ensemble dans les moments ordinaires - le petit-déjeuner, la marche, le silence confortable - qui n'est accessible que dans le temps long. Ces moments ordinaires-là, partagés avec quelqu'un de bien, ont une valeur que je n'avais pas entièrement mesurée avant d'en avoir régulièrement l'expérience.

Jonas m'a réécrit deux semaines après. Il revenait à Genève pour une réunion en janvier. Est-ce que j'étais disponible un soir ?

J'étais disponible.

Sofia

Sofia, 27 ans — Installée à Genève, elle assume pleinement sa vie d’escorte de luxe et en parle sans détour.

À travers ses récits, elle partage ses débuts, ses expériences avec une clientèle internationale, les avantages du métier (luxe, liberté), mais aussi les réalités plus complexes. Elle écrit simplement, avec franchise, et raconte ce qu’elle vit vraiment derrière les portes des hôtels suisses.

Ce texte à été à l'origine écrit en français.

Si vous aussi, vous voulez nous partager une histoire de vie ou une expérience, n'hésitez pas à nous contacter!

Les commentaires

Je suis vraiment fasciné par votre vie et je vudrais tellement vous rencontrer.
En tout cas merci de nous la faire partager.

Claudio 26.02.2026


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