Genève by night - mes adresses et mes frissons
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La première chose qu'on m'a dite quand je suis arrivée à Genève, c'est que la ville ferme tôt et que les gens ne se parlent pas. C'est vrai en surface. Mais il y a une Genève parallèle - celle des gens qui ont de l'argent, du temps, et l'habitude de vivre bien loin des regards. Cette Genève-là ne ferme pas. Elle commence juste plus tard, plus discrètement, et dans des endroits que vous ne trouverez pas sur TripAdvisor.
Après quatre ans à fréquenter cette ville professionnellement et personnellement, j'ai mes adresses. Celles où je me sens bien, où le personnel me connaît sans jamais poser de questions, où l'atmosphère fait la moitié du travail avant même que la soirée commence.
Les hôtels - où tout peut arriver
Le Beau-Rivage, quai du Mont-Blanc, est dans une catégorie à part. C'est l'hôtel genevois par excellence - 1865, façade blanche, vue sur le lac, personnel en gants blancs. J'y ai passé des soirées que je n'oublierai pas. Il y a quelque chose dans cet endroit qui amplifie tout : le luxe, le secret, la conscience d'être dans un lieu où l'Histoire avec un grand H a dormi. Mes clients qui y logent sont généralement dans un autre registre que les autres - plus âgés, plus posés, habitués à ce niveau. La suite côté lac, en particulier, a une baignoire en marbre et une vue qui rend les gens généreux.
Le Four Seasons des Bergues est différent - plus international, plus contemporain. C'est là que logent les gens du Golfe, les Américains en déplacement européen, les délégations onusiennes qui ont des budgets sans plafond. Le bar du rez-de-chaussée, le Café des Bergues, est un de mes endroits préférés pour un premier verre. Lumière tamisée, fauteuils profonds, un barman discret qui ne vous regarde pas deux fois si vous changez de table pour rejoindre quelqu'un.
Pour les rendez-vous plus discrets - clients qui préfèrent ne pas être vus dans les palaces - j'apprécie le N'vY Hotel sur la rue de Rive ou le Kempinski pour sa position et son anonymat relatif. Des hôtels où personne ne lève les yeux quand vous prenez l'ascenseur à minuit avec quelqu'un que vous n'avez pas l'air de connaître depuis longtemps.
Les bars - où la tension monte
Le Bar du Richemond reste mon préféré pour commencer une soirée. C'est là que tout a vraiment commencé pour moi - j'y ai une forme d'attachement sentimental. Mais au-delà de ça, c'est un endroit qui a une atmosphère rare : assez intime pour qu'une conversation devienne rapidement personnelle, assez fréquenté pour qu'on ne se sente pas observé. Les cocktails sont excellents. Le personnel a cette qualité suisse d'être parfaitement professionnel sans être froid.
Pour une ambiance plus contemporaine, le Leopard Bar au President Wilson a ses fidèles. Vue sur le lac, clientèle internationale, musique qui permet de parler sans crier. C'est là que j'ai eu l'une de mes conversations les plus électriques - un homme d'affaires libanais qui avait une façon de me regarder parler comme si chaque mot que je disais était important. On a passé deux heures au bar avant de monter. Je me souviens encore de la tension dans l'ascenseur.
Pour quelque chose de plus confidentiel, il y a quelques bars à vins dans le quartier des Eaux-Vives - je ne donne pas les noms parce qu'ils sont petits et que leur discrétion est précisément ce qui les rend précieux. Des caves voûtées, des tables serrées, de la lumière de bougie. Le genre d'endroit où on se retrouve assis très près l'un de l'autre sans avoir eu besoin de le décider.
Les restaurants - où le désir se cuisine lentement
Le restaurant de l'Hôtel de la Paix, sur le quai du Mont-Blanc, pour les dîners où le client veut impressionner sans en faire trop. Cuisine fine, service impeccable, tables suffisamment espacées pour qu'une main posée sur la vôtre ne soit vue par personne. J'y ai été invitée six ou sept fois. Chaque fois, le dîner a duré plus de deux heures. Chaque fois, ce qui se passait sous la table était plus intéressant que ce qu'il y avait dans l'assiette.
Pour les clients qui aiment l'intimité absolue, certains commandent en suite - room service dans un palace, table dressée dans la chambre. C'est une configuration que j'aime beaucoup, en fait. Pas besoin de gérer le regard des autres, la soirée est déjà dans un espace qui nous appartient. Il y a quelque chose d'immédiatement plus intime dans le fait de dîner face à quelqu'un dans une chambre d'hôtel - les codes sont différents, la distance entre le dîner et ce qui vient après est beaucoup plus courte.
La ville elle-même - les frissons que personne ne voit
Ce que j'aime profondément à Genève, c'est que la discrétion est culturelle. Les gens ne regardent pas. Ne posent pas de questions. Une femme élégante qui entre seule dans un palace à 20h et en ressort à 2h du matin - personne ne sourcille. C'est une ville qui respecte les vies privées avec une rigueur presque morale. Pour ce que je fais, c'est idéal.
Il y a des moments de la ville que j'aime particulièrement. Le quai Wilson le soir en été, quand le lac est noir et les lumières des hôtels se reflètent dedans - j'ai traversé ce quai des dizaines de fois après des rendez-vous, légère, les pieds qui font un peu mal à cause des talons, et cette sensation d'appartenir exactement à l'endroit où je suis. Les Pâquis tard le soir, quartier dans lequel je vis, avec son mélange de populations et son énergie particulière - rien à voir avec la rive droite cossue, et c'est précisément pourquoi j'y habite. Ça me rappelle que je suis plusieurs choses à la fois.
L'ascenseur du Beau-Rivage, aussi. Petit, lambrissé de bois sombre, lent. Il y a un client avec qui j'y suis montée un soir de janvier - et dans cet ascenseur, entre le rez-de-chaussée et le cinquième étage, quelque chose s'est passé qui m'a mise dans un état que j'ai mis vingt minutes à retrouver une fois arrivée dans la suite. Juste un regard. Juste ses mains qu'il a posées de chaque côté de ma taille sans me toucher vraiment. La promesse, parfois, vaut mieux que la chose elle-même.
Genève est une ville froide pour ceux qui ne savent pas où chercher la chaleur. Moi, je sais.
Les parties de mon histoire
- Qui suis-je vraiment ?
- Comment j'ai choisi ce métier ou comment il m'a choisie!
- Ma première nuit d'escort
- L'art de se préparer!
- Genève by night
- Mon premier homme du Golfe
- Le client idéal
- La conversation comme prélude
- Mon premier plan à trois
- Ce que les hommes veulent
- Mon pouvoir sur les hommes
- Un politicien suisse
- La discrétion
- Leurs fantasmes
- Derrière la porte
- Oui, je jouis vraiment
- La nuit la plus intense
- Week-end à Zurich
- Ce que mon corps ressent après [ A venir... ]
- Prendre soin de moi [ A venir... ]
- Lettre ouverte à mes clients [ A venir... ]
Sofia
Sofia, 27 ans — Installée à Genève, elle assume pleinement sa vie d’escorte de luxe et en parle sans détour.
À travers ses récits, elle partage ses débuts, ses expériences avec une clientèle internationale, les avantages du métier (luxe, liberté), mais aussi les réalités plus complexes. Elle écrit simplement, avec franchise, et raconte ce qu’elle vit vraiment derrière les portes des hôtels suisses.
Ce texte à été à l'origine écrit en français.
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