Mon premier homme du Golfe - quand le pouvoir entre dans la chambre
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Il y a des rendez-vous qui ressemblent aux autres jusqu'au moment où ils ne leur ressemblent plus du tout.
Celui-là, je l'avais accepté sans trop réfléchir. Un intermédiaire - un homme d'affaires libanais que j'avais rencontré quelques mois plus tôt dans le circuit genevois et à qui je faisais confiance - m'avait contactée un jeudi matin. Message court, ton habituel. Un client de passage, très bon niveau, disponible le vendredi soir. Suite au Beau-Rivage. Est-ce que j'étais libre ?
J'étais libre.
Ce qu'il ne m'avait pas précisé - ou ce que j'avais mal anticipé - c'est ce que "très bon niveau" voulait dire dans ce contexte précis.
L'enveloppe avant même d'entrer
Je suis arrivée au Beau-Rivage à 20h30. Robe crème, talons noirs, un sac que j'avais acheté spécialement pour les soirées de ce standing. J'avais mis le parfum oriental épicé - instinct, je ne savais pas encore pourquoi, mais mon instinct ne me trompe presque jamais.
À la réception, un homme m'attendait. Pas le client - un assistant, visiblement. La trentaine, costume impeccable, regard professionnel et totalement neutre. Il m'a accueillie par mon prénom, ce qui m'a légèrement surprise, et m'a remis une enveloppe en me disant que M. Khalid espérait que j'avais passé une bonne journée.
Dans l'enveloppe : une avance en cash dont je ne donnerai pas le montant exact ici, mais qui correspondait à plusieurs fois ce que je facturais habituellement pour une soirée entière. Juste l'avance.
J'ai glissé l'enveloppe dans mon sac sans changer d'expression. L'assistant m'a accompagnée jusqu'à l'ascenseur. Cinquième étage. Il n'a pas pris l'ascenseur avec moi.
L'homme dans la suite
Khalid n'était pas ce que j'avais imaginé. La cinquantaine, mais une cinquantaine portée avec une aisance absolue - mince, les cheveux noirs encore très peu grisonnants, habillé simplement d'un costume bleu marine sans cravate. Pas d'ostentation visible. Pas de montre qui clignote, pas de boutons de manchettes en or. C'était la première leçon de la soirée : au niveau où il se trouvait, l'argent n'a plus besoin de se montrer.
La suite était dans un état que je n'avais jamais vu. Des roses blanches partout - des dizaines, posées avec une précision qui n'avait rien de spontané. Une bouteille de Krug dans un seau de glace. De la musique arabe très douce qui venait de quelque part, assez basse pour ne pas s'imposer. Quelqu'un avait préparé tout ça avant mon arrivée. Des mains anonymes avaient transformé cette chambre d'hôtel en quelque chose d'autre - un espace pensé, voulu, orchestré.
Il s'est levé quand je suis entrée et il m'a regardée de la tête aux pieds - pas de façon grossière, mais avec une franchise totale, sans aucune des précautions sociales que les hommes européens s'imposent généralement. Un regard d'évaluation calme, presque bienveillant. Puis il a souri et dit, en français avec un léger accent :
"Vous êtes encore plus belle que ce qu'on m'avait dit."
Simple. Direct. Sans chercher à impressionner. J'ai compris à ce moment-là qu'il n'avait pas l'habitude de chercher à impressionner qui que ce soit.
Une dynamique que je ne connaissais pas
Ce qui m'a frappée en premier, c'est qu'il ne m'a pas traitée comme une prestataire. Pas non plus comme une conquête - ce n'était pas ça. Il m'a traitée comme une invitée de qualité, quelqu'un dont la présence avait de la valeur et méritait d'être honorée en conséquence. Il y avait dans ses manières une forme de déférence paradoxale - paradoxale parce que cet homme avait manifestement l'habitude que le monde s'organise autour de lui, et pourtant, il prenait soin de moi avec une attention très concrète.
Il a versé le Champagne lui-même. Il a voulu savoir ce que j'aimais manger, si j'avais froid, si la musique me convenait. Ces questions n'étaient pas des formules - il écoutait vraiment les réponses. Et en même temps, il y avait dans son regard quelque chose d'indiscutable. Pas d'arrogance, pas de menace. Juste une certitude tranquille que la soirée se passerait exactement comme il l'avait décidé. Pas par force. Par gravité naturelle. Certains hommes ont ça - une autorité qui ne s'explique pas et contre laquelle on ne ressent pas le besoin de lutter.
On a parlé une heure. De Genève, des Nations Unies, d'un livre qu'il lisait en ce moment - un roman de Mahfouz qu'il m'a cité en arabe avant de me le traduire. Il a ri quand je lui ai dit que je connaissais l'auteur. "Je ne m'attendais pas à ça," il a dit. Ce n'était pas un compliment condescendant. C'était une vraie surprise, et il l'assumait.
Ce que l'argent change - et ce qu'il ne change pas
Je vais être honnête sur quelque chose que je n'avais pas anticipé : face à ce niveau de richesse et d'autorité, j'ai senti quelque chose que je n'avais pas ressenti depuis longtemps. Une légère intimidation. Pas de la peur - je n'ai jamais eu peur ce soir-là. Mais une conscience aiguë que j'étais dans un registre différent de celui que je connaissais. Les hommes que je recevais habituellement, même les plus aisés, étaient des hommes qui avaient réussi dans leur domaine. Khalid était dans une catégorie où le mot "réussi" ne s'applique plus vraiment - où il n'y a plus de cadre de référence commun.
Cette intimidation, je l'ai gérée comme je gère toujours ce genre de chose : en restant exactement moi-même. C'est le seul outil que j'aie et il ne m'a jamais trahie. Je ne me suis pas mise à jouer un rôle. Je n'ai pas cherché à paraître plus sophistiquée que je suis. J'ai juste été Sofia - curieuse, directe, à l'aise dans mon corps - et à un moment de la soirée, j'ai vu dans son regard que c'était précisément ça qu'il était venu chercher.
Ce qui s'est passé ensuite
C'est lui qui a fait le premier geste. Pas brutalement - avec une précision presque chorégraphiée. Il a posé sa main sur ma nuque, très lentement, et m'a regardée comme pour vérifier que j'étais d'accord. Je l'étais. Plus qu'il ne le pensait probablement.
Ce que cet homme savait faire, je ne l'expliquerai pas dans le détail ici - certaines choses méritent de rester entre les murs d'une suite du Beau-Rivage. Mais je peux dire que j'avais en face de moi quelqu'un qui avait une expérience du corps féminin qui dépassait largement ce que j'avais rencontré jusqu'alors. Pas de précipitation. Pas d'improvisation. Une maîtrise du temps et du rythme qui m'a déstabilisée d'une façon que je n'avais pas vue venir. À un moment, j'ai pensé - avec une clarté un peu absurde étant donné les circonstances - c'est donc ça, être vraiment prise en charge.
La domination silencieuse dont je parlais tout à l'heure - elle était physique aussi. Pas agressive. Pas performative. Juste réelle. Il savait exactement où poser les mains, quand parler et quand se taire, quand accélérer et quand laisser le silence faire son travail. Et à aucun moment je n'ai eu l'impression d'être en dessous de lui dans ce jeu-là. C'était plus subtil que ça - une danse où les rôles ne sont jamais fixés définitivement, où le contrôle circule.
Il y a eu un moment, vers minuit, où je me suis retrouvée à regarder le lac par la fenêtre de la suite - les lumières du quai reflétées dans l'eau noire - et j'ai réalisé que j'avais complètement perdu la notion du temps. Ça m'arrive rarement.
L'après - et ce que j'ai compris
Vers 2h du matin, il a demandé qu'on lui monte quelque chose à manger. Du fromage, des fruits, du pain. On a mangé assis sur le bord du lit, à moitié habillés, en parlant de choses sans importance avec la légèreté de deux personnes qui viennent de partager quelque chose d'intense et qui n'ont pas besoin d'en parler pour le savoir.
Avant que je parte, il a demandé à son assistant - contacté par téléphone, invisible mais présent - de me faire remettre le reste du règlement plus une somme supplémentaire qu'il a qualifiée de "pour le livre de Mahfouz". Il avait de l'humour. Ça aussi, je ne l'avais pas anticipé.
Dans le taxi vers les Pâquis, j'ai regardé défiler les rues de Genève endormie avec un sentiment difficile à nommer. Pas de la fierté exactement. Plutôt une forme d'extension - la sensation d'avoir repoussé une limite que je ne savais pas que j'avais. J'avais rencontré un monde dont je connaissais l'existence abstraite et qui venait de devenir réel, concret, physique.
Khalid m'a recontactée deux fois par la suite, lors de passages à Genève. On ne s'est pas revus à chaque fois - pas toujours disponible, pas toujours envie. Avec lui, j'avais appris quelque chose d'important : à ce niveau-là, la rareté fait partie du prix. Se rendre trop disponible aurait cassé quelque chose. Il le savait. Je l'ai compris assez vite.
Ce soir-là au Beau-Rivage reste une référence dans ma tête - pas pour l'argent, même si l'argent était là, bien réel, bien présent. Mais pour ce que ça m'a appris sur moi. Sur ce que je suis capable de tenir, de recevoir, d'habiter. Sur le fait que l'intimidation, quand on ne la fuit pas, peut se transformer en quelque chose d'autre.
En quelque chose qui ressemble beaucoup au désir.
Les parties de mon histoire
- Qui suis-je vraiment ?
- Comment j'ai choisi ce métier ou comment il m'a choisie!
- Ma première nuit d'escort
- L'art de se préparer!
- Genève by night
- Mon premier homme du Golfe
- Le client idéal
- La conversation comme prélude
- Mon premier plan à trois
- Ce que les hommes veulent
- Mon pouvoir sur les hommes
- Un politicien suisse
- La discrétion
- Leurs fantasmes
- Derrière la porte
- Oui, je jouis vraiment
- La nuit la plus intense
- Week-end à Zurich
- Ce que mon corps ressent après [ A venir... ]
- Prendre soin de moi [ A venir... ]
- Lettre ouverte à mes clients [ A venir... ]
Sofia
Sofia, 27 ans — Installée à Genève, elle assume pleinement sa vie d’escorte de luxe et en parle sans détour.
À travers ses récits, elle partage ses débuts, ses expériences avec une clientèle internationale, les avantages du métier (luxe, liberté), mais aussi les réalités plus complexes. Elle écrit simplement, avec franchise, et raconte ce qu’elle vit vraiment derrière les portes des hôtels suisses.
Ce texte à été à l'origine écrit en français.
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