Mon premier plan à trois - ce soir-là, tout a changé
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Je vais commencer par dire quelque chose d'honnête : avant ce soir-là, j'avais une position assez claire sur le sujet. Pas de refus moral - je n'ai pas beaucoup de refus moraux dans ce domaine. Plutôt une prudence pratique. Les situations à plusieurs corps sont des situations à plusieurs dynamiques, et les dynamiques complexes peuvent déraper de façons que je n'avais pas envie de gérer professionnellement. J'en avais parlé avec une amie qui travaille à Zurich dans le même milieu, qui m'avait dit : "Soit c'est la meilleure soirée de ta vie, soit tu passes deux heures à arbitrer des tensions que tu n'as pas créées."
Elle n'avait pas tort. Mais elle n'avait pas entièrement raison non plus.
Olivier - et pourquoi j'ai dit oui
Olivier était un client régulier depuis huit mois à ce stade. Quarante-cinq ans, ingénieur dans une société de conseil en infrastructure basée à Plan-les-Ouates, quelqu'un avec qui les rendez-vous se passaient toujours bien - sans éclat particulier, sans mauvaise surprise non plus. Fiable, discret, attentif. Le genre de client qui envoie un message le lendemain pour dire que c'était bien. Ce type de message, je l'apprécie plus que certains ne le croiraient.
On se voyait environ une fois par mois. Ce soir-là, dîner dans un brasserie du quartier Saint-Gervais - son choix habituel, il aimait les endroits sans chichi. Et au moment du dessert, donc, il a posé sa fourchette et m'a dit : "J'ai une question un peu particulière à te poser. Tu peux dire non sans que ça change quoi que ce soit entre nous."
Cette entrée en matière m'a déjà disposée favorablement. Les hommes qui commencent par dire que le non est acceptable méritent qu'on les écoute jusqu'au bout.
Il avait une amie - pas sa compagne, une amie avec qui il avait une relation intermittente depuis quelques années, quelqu'un qui connaissait son mode de vie et les siennes. Elle était curieuse. Lui aussi, de voir ça. Il me demandait si j'étais ouverte à passer une soirée à trois, en précisant qu'il n'attendait rien de particulier - juste ce que la soirée donnerait naturellement.
J'ai réfléchi vingt secondes pour de vrai. Pas pour la forme. Et j'ai dit oui pour deux raisons : la première, c'est que je faisais confiance à Olivier pour ne pas transformer ça en cirque. La deuxième, c'est que j'étais sincèrement curieuse.
Avant - la préparation différente
La soirée était programmée dix jours plus tard, un samedi. Pendant ces dix jours, j'ai réfléchi plus que d'habitude à ma préparation - pas au rituel physique, qui restait le même, mais à l'état d'esprit. Comment est-ce qu'on entre dans une soirée à trois sans se fixer d'attentes qui risquent d'être déçues ? Comment est-ce qu'on reste soi-même dans une dynamique à plusieurs, où les équilibres sont forcément plus complexes ?
J'ai décidé d'arriver sans scénario en tête. Ce qui était pour moi un effort conscient - j'ai tendance à anticiper, à préparer, à avoir une idée de comment les choses vont se dérouler. Ce soir-là, j'ai délibérément laissé la page blanche.
J'ai choisi la lingerie noire du premier tiroir - dentelle fine, sobre, rien de théâtral. Pas de message fort. Quelque chose qui pouvait aller dans n'importe quelle direction.
Elle - la première impression
Elle s'appelait Nora dans ma tête depuis le début, parce qu'Olivier m'avait dit qu'elle s'appelait quelque chose qui commençait par N et que j'avais comblé le reste. En réalité son prénom était différent, mais je vais garder Nora ici.
Trente-neuf ans. Brune aussi, ce qui m'a amusée - Olivier avait manifestement un type. Plus petite que moi, des yeux très noirs, une façon de se tenir qui disait qu'elle était habituée à être regardée et que ça ne la dérangeait pas. Elle m'a serré la main en souriant, et dans ce sourire il y avait quelque chose d'à la fois chaleureux et évaluateur - elle me jaugeait en même temps qu'elle m'accueillait, et elle ne cherchait pas à le cacher.
J'ai aimé ça. La franchise me met à l'aise beaucoup plus que la politesse de façade.
Olivier avait réservé une suite au N'vY - pas le palace habituel, quelque chose de plus contemporain, plus neutre. Bonne décision. Un espace trop chargé d'habitudes aurait peut-être rendu les choses plus compliquées.
La première heure - apprendre à être trois
Ce qu'on ne dit pas sur les soirées à plusieurs, c'est que la partie la plus délicate n'est pas ce qu'on imagine. Ce n'est pas le moment où les corps se rapprochent. C'est la première heure - celle où trois personnes apprennent à exister dans le même espace avec la même intention sans que personne ne sache encore exactement comment ça va se passer.
On a bu du vin blanc. Olivier était plus détendu que je ne l'aurais cru - ou peut-être qu'il connaissait suffisamment Nora pour que la situation lui soit moins nouvelle qu'à moi. Nora et moi avons parlé, d'abord à travers lui puis directement, et j'ai découvert quelqu'un d'intelligent et drôle avec un sens de l'humour assez sec qui m'a plu immédiatement.
À un moment, elle a dit quelque chose sur ma robe - un compliment direct, sans ambiguïté sur ce qu'elle regardait en le disant. Et là j'ai compris que la première heure tirait à sa fin.
Ce qui s'est passé - et comment j'ai navigué
Je ne vais pas décrire la soirée de façon chronologique et exhaustive. Pas par pudeur - ce n'est pas mon problème principal. Mais parce que certaines choses perdent quelque chose à être racontées trop précisément, et cette soirée-là en fait partie.
Ce que je peux dire, c'est que ce qui m'avait inquiétée - la gestion des dynamiques, l'arbitrage des tensions - ne s'est pas produit de la façon que je craignais. Nora et Olivier se connaissaient suffisamment pour ne pas avoir besoin de se prouver quoi que ce soit l'un envers l'autre. Et avec moi, ils avaient tous les deux une forme de curiosité bienveillante qui rendait l'espace assez sûr pour qu'on puisse tous les trois être présents vraiment.
Ce qui m'a surprise, et que je n'avais pas anticipé, c'est le rapport à l'autre femme. J'avais supposé que ce serait la partie la plus compliquée - deux femmes dans la même chambre avec le même homme, toutes les jalousies potentielles, toutes les comparaisons implicites. Ce n'est pas ce que j'ai vécu. Ce que j'ai vécu, c'est quelque chose de beaucoup plus intéressant : une forme de complicité féminine dans l'espace du désir que je n'avais jamais expérimentée.
À un moment de la soirée, Olivier était en retrait - il regardait, et ce regard-là était visiblement ce dont il avait besoin ce soir-là - et Nora et moi existions dans notre propre bulle, avec nos propres règles, nos propres rythmes. C'était inattendu. C'était bien.
Les deux corps - ce que j'ai appris
Gérer deux désirs différents dans le même espace, c'est un exercice d'attention que je n'avais jamais pratiqué à ce niveau. Olivier et Nora ne voulaient pas les mêmes choses au même moment - ce qui est parfaitement normal, mais qui demande une lecture constante de ce qui se passe, une capacité à pivoter, à redistribuer l'attention sans que personne ne se sente oublié.
J'ai découvert que j'étais assez douée pour ça. Cette lecture du désir de l'autre - que j'avais développée en tête-à-tête depuis quatre ans - fonctionnait aussi dans un contexte plus complexe. Peut-être même mieux, parce que les signaux étaient multipliés et que j'aime les situations qui demandent de la présence totale.
Ce que je n'avais pas prévu, c'est à quel point ce serait physiquement intense pour moi. Pas pour des raisons que j'aurais anticipées. Mais parce que quand on est au centre d'une attention double - deux personnes qui vous regardent, vous touchent, vous veulent - quelque chose dans le corps répond d'une façon qui dépasse la somme des parties.
Ce que je ne referais pas de la même façon
Il y a une chose qui m'a légèrement pesé ce soir-là et que je ferais différemment. À un moment, assez tard dans la soirée, j'ai senti que Nora avait basculé dans quelque chose d'émotionnel que je n'avais pas vu venir - pas une crise, rien de dramatique, mais une fragilité soudaine qui ne correspondait plus au registre de la soirée. Olivier l'a sentie aussi et a géré ça avec beaucoup de douceur. Mais j'ai réalisé que dans ce type de configuration, les zones de vulnérabilité sont plus exposées que dans un tête-à-tête, et qu'il faut être prête à sortir du désir pour entrer dans autre chose si c'est ce dont quelqu'un a besoin.
J'ai géré ça correctement ce soir-là, je crois. Mais la prochaine fois - s'il y a une prochaine fois - je prendrais plus de temps en amont pour comprendre où en est émotionnellement la troisième personne. Pas seulement ses envies. Son état.
Le lendemain matin
Je suis restée dormir - ce qui ne m'arrive presque jamais. Pas par sentiment particulier, juste parce qu'il était tard et que la suite était grande et que personne n'a suggéré que je parte.
Le matin, Nora était déjà habillée quand je me suis réveillée, assise dans le fauteuil avec un café, lisant quelque chose sur son téléphone. Elle m'a regardée se lever avec un sourire tranquille. On a parlé vingt minutes toutes les deux pendant qu'Olivier dormait encore - de rien de particulier, de Genève, d'un restaurant qu'elle me recommandait aux Eaux-Vives. Une conversation parfaitement normale après une nuit parfaitement anormale. Ça m'a plu.
Dans le tram vers les Pâquis, j'ai essayé de mettre des mots sur ce que j'avais traversé. La conclusion provisoire à laquelle je suis arrivée : cette soirée m'avait appris quelque chose que je ne cherchais pas et que je n'aurais pas pu apprendre autrement. Sur le désir féminin, sur la façon dont deux femmes peuvent partager un espace intime sans que ce soit une compétition. Sur mes propres réponses dans une situation complexe.
Est-ce que je recommencerais ? Oui. Avec les bonnes personnes, dans les bonnes conditions. La liste des conditions est plus longue qu'avant cette soirée, mais la réponse reste oui.
Certaines expériences élargissent quelque chose. Celle-là en fait partie.
Les parties de mon histoire
- Qui suis-je vraiment ?
- Comment j'ai choisi ce métier ou comment il m'a choisie!
- Ma première nuit d'escort
- L'art de se préparer!
- Genève by night
- Mon premier homme du Golfe
- Le client idéal
- La conversation comme prélude
- Mon premier plan à trois
- Ce que les hommes veulent
- Mon pouvoir sur les hommes
- Un politicien suisse
- La discrétion
- Leurs fantasmes
- Derrière la porte
- Oui, je jouis vraiment
- La nuit la plus intense
- Week-end à Zurich
- Ce que mon corps ressent après [ A venir... ]
- Prendre soin de moi [ A venir... ]
- Lettre ouverte à mes clients [ A venir... ]
Sofia
Sofia, 27 ans — Installée à Genève, elle assume pleinement sa vie d’escorte de luxe et en parle sans détour.
À travers ses récits, elle partage ses débuts, ses expériences avec une clientèle internationale, les avantages du métier (luxe, liberté), mais aussi les réalités plus complexes. Elle écrit simplement, avec franchise, et raconte ce qu’elle vit vraiment derrière les portes des hôtels suisses.
Ce texte à été à l'origine écrit en français.
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